Communiqué de presse

Lafleur de la Compagnie Picaresk
L’Agence régionale de la langue picarde tient à exprimer son plein soutien à Laurent Delabie-Devime, président de l’association Picaresk, confronté actuellement à une situation préoccupante, récemment relayée par la presse.
Au-delà des circonstances, nous soutenons fermement la volonté portée par Laurent Delabie-Devime de créer un lieu culturel dédié à la langue picarde, à l’oralité et à la culture populaire, dans le quartier Saint-Leu à Amiens, quartier emblématique dont l’attachement au picard s’exprime par plusieurs grands noms comme Edouard David, Maurice Domon et plus récemment Marie-Madeleine Duquef dite Tchotchote. Ce projet, fondé sur une démarche indépendante ne reposant pas sur des financements publics, constitue une initiative précieuse pour la vitalité et la diversité des expressions culturelles en région.
L’engagement de Laurent Delabie-Devime en faveur de la langue picarde est ancien, constant et reconnu. Il a été à l’origine, en 1991, de la création de l’Union Tertous pour la culture picarde, acteur déterminant pour la structuration du mouvement culturel picard. Il a également contribué à la reconnaissance du picard auprès de l’Office culturel régional de Picardie et su réclamer une place pour notre langue et notre culture dans la politique régionale.
En tant que promoteur du festival Chés Wèpes, il a largement participé à offrir une visibilité nouvelle à la langue picarde et à stimuler la création artistique contemporaine. À travers l’association Picaresk, il poursuit aujourd’hui ce travail en proposant des spectacles actuels en picard, tout en maintenant vivantes des traditions emblématiques telles que la Nativité, accueillie chaque année à la Comédie de Picardie, ou encore des créations originales comme L’Affaire Lafleur.
Dans ce contexte, l’Agence régionale de la langue picarde rappelle son attachement à la liberté de création, à la diversité culturelle et au respect des initiatives citoyennes qui contribuent à faire vivre les langues régionales.
Nous appelons à ce que les conditions soient réunies pour permettre à ce projet culturel de voir le jour dans un climat apaisé, respectueux des personnes et des engagements pris par les collectivités publiques. A travers sa démarche, Picaresk contribue à faire de Saint Leu, à côté du théâtre de Chés Cabotans, de la Maison de Tchochote, de l’atelier de marionnettes de Michel Petit et de la librairie du Labyrinthe, et à proximité de l’Université de Picardie, un lieu de rencontre entre la tradition et la modernité de la langue picarde du 21e siècle.