Jeux et sports picards

Le saviez-vous ?

Les jeux picards et les enfants, une affaire qui roule

D’une façon générale, le jeu traditionnel permet à l’enfant d’acquérir et de développer plusieurs capacités :

  • sur le plan physique et corporel : maitrise du geste, attitude corporelle, repères dans l’espace, coordination des mouvements
  • sur le plan cognitif : connaissance de son corps et de ses limites, maitrise de son geste, concentration, persévérance, prise de décisions, assumer ses responsabilités
  • sur le plan social : appliquer et accepter les règles, accepter une décision d’équipe, assumer l’échec, rechercher la complémentarité, soutenir et comprendre son coéquipier ou son adversaire, respect de l’adversaire
  • sur le plan intellectuel : calcul des points, analyse du geste, adapter une stratégie, anticiper une action

Mais la particularité du jeu traditionnel, et plus particulièrement celui pratiqué en Picardie, c’est qu’au-delà de ces capacités énumérées ci-dessus, il apporte et développe chez l’enfant des connaissances et pratiques culturelles nouvelles ou déjà existantes :

  • notions de géographie : les jeux picards permettent d’aborder le terme « région » et de replacer la Picardie dans son contexte national, voire mondial
  • notions d’histoire : replacer le jeu et ses pratiques dans son évolution et son histoire, parler de sa transmission et aborder la question de patrimoine picard
  • notions économiques : aborder la fabrication des jeux : les ressources locales pour les fabriquer, leur précarité et l’importance de les conserver ; mais aussi les métiers d’artisanat impliqués dans leur fabrication et la disparition de certains métiers dus à l’évolution normale de la vie (ex : bourrelier, forgeron, etc…)
  • notions linguistiques : aborder le vocabulaire picard utilisé lors des pratiques des jeux et comprendre l’imprégnation de celles-ci dans la vie d’aujourd’hui (les noms de famille, de lieux, les tournures grammaticales des petits picards)

Le jeu de l’assiette / Ech ju d’assiettes

DISTRACTION sportive, le jeu de l’assiette est probablement aujourd’hui l’élément du patrimoine picard qui connaît le plus grand développement, fruit du travail effectué par de nombreuses associations, des animateurs de centres de loisirs, des enseignants, qui multiplient les interventions auprès d’un très large public.

Très implanté dans le Vimeu au XIXe siècle, le jeu de l’assiette constitue désormais un incontestable élément vivant du patrimoine picard, grâce au dynamisme du Comité départemental du jeu de l’assiette, créé en 1989, dont l’un des principaux objectifs est de faire reconnaître ce jeu comme un sport à part entière.

Le principe du jeu

Chaque joueur se place, chacun son tour, à une extrémité de 1a table et lance une assiette qui doit tomber au-delà de la ligne des 80 cm.

Le jeu consiste à placer le plus d’assiettes possible devant celles de adversaire. Le vainqueur est celui qui est parvenu à placer le plus d’assiettes entre l’extrémité de la table et la meilleure assiette de l’adversaire, chaque assiette valant un point. Chaque joueur dispose de 7 assiettes. Une partie se joue en deux manches de 21 points et une belle en 75 points si nécessaire. Le joueur qui marque les points engage le jeu suivant. Le joueur pénalisé doit rejouer, La dernière assiette du jeu est déterminante pour marquer des points.

Petit lexique du jeu

Fouaire du bos : ne plus avoir d’assiettes sur la table et devoir en rejouer une â la demande de l’adversaire. Fouaire in beudet : mettre, le plus souvent pour gêner l’adversaire, une assiette à plat sur une autre ou en équilibre en partie sur la table ou en partie sur 1e bord d’une autre assiette. Avouér bos darin ou avouér ech bout : avoir la dernière assiette du jeu et donc la possibilité de marquer un ou plusieurs points. Pitcher ou dépitcher inne assiétte : la chasser directement en bout d’un alignement d’assiettes, tout en prenant sa place. Il faut pour cela lancer l’assiette de biais en lui donnant une trajectoire courbe. In tchul levé : assiette inclinée vers le bas, étant retombée en partie sur la table, en partie sur une autre assiette.